La toute jeune directrice de l’établissement scolaire se retrouvait pour la première fois devant un de ses élèves, il portait dans une élégance inattendue, une sorte de cicatrice, d’une couleur étrange, sur le côté de son front.
Son bureau était tout son contraire ; rigide, froid, sans âme. Elle avait tenté de le rendre moins impersonnel, moins austère, essentiellement pour les enfants, en y accrochant quelques photographies de magnifiques paysages, et quelques portraits d’enfants de toutes origines qui arboraient des sourires brisant la notion même de frontière. Elle avait aussi mis à disposition quelques jeux, quelques feutres, bien évidemment de sa poche au regard des moyens que l’État pouvait accorder à l’éducation publique.
Grâce à son engagement, ses valeurs, son humanité, ainsi qu’une sensitivité hors normes, l’enfant qui pensait se faire gronder, se mit à évoquer à demi-mots, en tout cas avec les siens, les agressions sexuelles qu’il pouvait subir.