Ses genoux commençaient à la faire souffrir, ce qui l’exaspérait.
Elle savait que cette douleur allait tôt ou tard la contraindre à retourner dans le monde réel.
Mais elle avait besoin de ça.
Elle adorait être entourée de tous ces mots, de toutes ces pages, de toutes ces pensées.
Même si elle avait choisi d’être là, au beau milieu de cette pièce grouillante de livres, elle ne réalisait pas, enfin plus, ce qu’elle vivait.
Ils étaient trop nombreux.
Certains insufflaient au plus profond d’elle des vagues infinies de plaisir. D’autres accomplissaient l’exploit d’une malveillance acceptable, d’autres encore remuaient ses entrailles.
Des pensées, poussées par des vents qu’elles seules comprenaient, s’amusaient à tourner les pages sans qu’elle n’y puisse rien.