C.S—Varen

C.S-Varen  ·  Extrait n° 21

Je lie

Certains des profils les plus qualifiés se ferment eux-mêmes la porte d'une offre d'emploi.
Pas par manque d'expérience. À cause de ce qu'ils disent en entretien.
Voici quelques phrases qui tuent un entretien.
Et ce qu'il faut dire à la place.

Extrait3 minutes595 mots

Je sais qu'ils me font poireauter alors qu'ils n'ont que ça à foutre.

Je me demande combien d'incompétents ce coup-ci pour me juger.

Ils sont souvent trois.

Une technique de merde, une de plus.

Je suis sur une chaise devant la secrétaire, l'autre est vide.

La secrétaire semble meurtrie sans pouvoir parler, l'horloge l'obsède.

Pas un(e) de cette entreprise ne sait ce qu'elle endure, mais moi je lie.

Je relie ses yeux, son faciès, j'observe ses mains. Elles sont essoufflées.

Son odeur factice camoufle mal autre chose, elle est apprêtée avec un ensemble indécent pour sa paie.

Elle est aidante.

Un père, une mère ou un enfant handicapé, ça je n'en sais rien, je sais seulement les reconnaitre.

Elle a le regard d'une femme dont les yeux ne peuvent pas se permettre de transpirer.

— M. Varen, vous pouvez entrer.

La suite

Le reste est derrière la porte.

Je lie se lit en entier sur le site, avec son illustration inédite et tous les autres textes, réservés aux abonnés.

Réservé aux adultes. Le texte complet peut aborder violence, sexualité, addiction ou détresse psychique.