La maison, ou plutôt la maisonnette, semblait vide alors que je tentais désespérément de réchauffer mes articulations et mon corps tout entier sous une couette bien trop lourde, les bruits ambiants semblant s’éteindre au contact du tissu.
L’air était chargé d’une humidité digne d’une vieille bâtisse que l’on n’aurait pas ouverte depuis des semaines, voire des mois, allant jusqu’à rendre l’intention vaine, de ne pas sentir une légère odeur de moisissure.
Malgré mes tentatives, plus ou moins acquises au travers d’exercices de relaxation afin de « trouver » rapidement le sommeil, rien n’indiquait qu’un tel prodige allait pouvoir se réaliser.
Mes neurones, tentant de fuir ces sensations non choisies, commencèrent alors une sorte d’introspection nauséabonde.
Les sentiments désagréables se lièrent d’amitié avec des pensées plus obscures, mes émotions les plus anxieuses tirant leurs forces de mes souvenirs les plus sombres.
Ceux-là même que je pensais avoir enfoui, maîtrisé, dompté, avaient simplement attendu patiemment, dans l’ombre, pendant presque quarante ans.