Si la haine pouvait être radieuse, elle se nommerait Joséphine, mais elle ne le savait pas encore.
Ses cheveux longs, d’une obscurité sans interstices, lui accordaient une sensualité rare que ses yeux couleur prune s’amusaient à exalter à ses dépens.
Elle éconduisait tant de prétendant(e)s chaque jour qu’elle avait vite appris à fuir les habitudes.
Pourtant, elle succombait à celle d’aller boire un verre en terrasse quand le temps le lui permettait, au risque, pensait-elle, de vieillir trop vite.
Elle choisissait son café avec soin. Elle se dissimulait tantôt derrière des fleurs en pots, tantôt derrière un pare-vue aussi noir que l’âme des hommes qu’elle fuyait.
De là, elle observait le monde, tendait l’oreille, choisissait au hasard, diraient certains, et griffonnait sur son calepin.
Comme cette femme d’une cinquantaine d’années.
Son parfum, collé depuis si longtemps à la peau, si insistant, rendait l’air âcre.