Koi no yokan
Je l’observe depuis un bail. Mais je n’arrive pas à dire si elle me plait vraiment.
Elle a toujours l’air un peu trop serrée dans son jean, et passe son temps à cacher la moitié de son visage derrière de longs cheveux noirs bien trop lisses.
Je n’ai jamais osé lui parler, alors je la fixe de temps à autre.
Je suis sûr que la dernière fois elle m’a grillé.
Je savais que ça allait arriver.
Forelsket
C’était un printemps presque comme les autres, à un doigt près.
Mon jeune cul de lycéen cherchait un temps introspectif assis sur un banc métallique à trous, fuyant les diktats oppressifs d’une gérontocratie déclinante.
Je m’amusais à introduire mes doigts dans ses trous, bravant le risque de ne pouvoir m’en libérer une fois le geste accompli.
Il était dos à un parc minuscule, en direction d’une route peu ou pas empruntée.
Sur sa gauche, une petite place où quelques forains pas bien plus vieux que moi s’affairaient à construire leur manège d’autos tamponneuses.