Après plusieurs secondes interminables, je te vois enfin.
Je croise une nouvelle fois le regard de ta maman, ses yeux scintillent de bonheur, des larmes de joie coulent sur ses joues et je ne peux m’empêcher d’en faire autant lorsque, pour la première fois, je te tiens dans mes bras.
Mais le temps presse.
Je n’ai eu que quelques secondes pour récolter les larmes de ta mère, concentré de bonheur à l’état brut et malgré les mains prises par un miracle, je réussis à en capturer une des miennes.
Malgré tout je dois faire vite.
Je glisse donc ces quelques larmes dans la boîte que tes grands-parents ont fabriquée pour ton arrivée.
Ce sont tes grands-pères qui ont choisi le bois pour la confectionner avec soin, un bois très rare que seuls les gens qui aiment peuvent trouver.
Je crois que quelques elfes experts en ébénisterie les ont aidés mais ne dis pas que je te l’ai dit.
Tes grands-mères quant à elles ont travaillé jour et nuit pendant neuf mois pour réaliser l’intérieur afin qu’elle soit étanche.
Tâche plus que difficile car le tissu béni par les dieux ne pouvait ni se découper, ni se coudre, seul l’amour pur de deux mères pouvait le lier.
Ne me demande pas où elles ont pu se le procurer, je sais que les femmes rivalisent d’intelligence pour obtenir ce qu’elles désirent, et tes grands-mères n’en doute jamais, te seront toujours de bons conseils.
Te voilà donc pour la première fois en train de te rassasier sur le sein de ta mère, rien ne peut vous atteindre, je crois qu’à cet instant vous frôlez l’immortalité, ou tout du moins vous êtes proches du divin.